Catherine Morgan-Proux : "Parentignat est une magnifique salle d'entrainement pour les élèves guides-conférenciers"

Catherine Morgan-Proux : “Parentignat est une magnifique salle d’entrainement pour les élèves guides-conférenciers”

Le 22 mars, pour la deuxième année consécutive, le château de Parentignat recevait les étudiants guides-conférenciers de l’Université d’Auvergne dans le cadre d’exercices de commentaires en anglais, le château étant selon leur Professeure « un formidable terrain d’entrainement ». Nous avons interrogé Catherine Morgan-Proux, Maître de Conférences au Département Métiers de la Culture de cette Université. Entretien.

Château de Parentignat : Bonjour Madame, pourriez-vous vous présenter ?

Catherine Morgan-Proux : Je suis enseignante chercheur au Département Métiers de la Culture à l’Université Clermont Auvergne et je suis enseignante en charge d’assurer les cours en anglais à ces étudiants qui sont en formation « guide conférencier » qui est une Licence professionnelle.

Combien d’élèves avez-vous ?

Nous avons dix-sept étudiants, dont trois qui sont en formation continue et qui suivent cette formation dans l’idée d’une deuxième carrière.

Combien d’autres formations telles que celle-ci existent en France ?

Clermont-Ferrand n’est pas la seule Université à assurer cette formation mais elle fait partie d’un petit nombre d’Universités qui sont accréditées et qui ont l’habilitation de proposer la licence professionnelle guide conférencier car ce n’est pas automatique. Les universités doivent en faire la demande et répondre aux critères de cette formation validée par le Ministère de l’enseignement supérieur mais aussi par le Ministère de la Culture qui a des exigences très précises par rapport à cette formation. Les étudiants doivent avoir une excellente culture, une connaissance en histoire, histoire de l’art, en géographie et en sciences humaines pour pouvoir faire des commentaires qui ont un contenu très solide auprès du public. Mais ils doivent aussi faire preuve de compétences en communication et notamment en langues étrangères. L’anglais est obligatoire pour tous les étudiants mais ils prennent tous une deuxième langue pour montrer qu’ils sont capables de faire une visite et des commentaires en espagnol, en allemand ou en italien par exemple.

Tous ces élèves ont donc une formation en histoire de l’art ?

Oui, absolument. Ils sont recrutés à Bac +2 et peuvent venir d’horizons divers. Très souvent ils ont un BTS Tourisme mais effectivement nous recrutons aussi des étudiants en Histoire ou en Histoire de l’Art.

Quelles sont les perspectives qui s’ouvrent à ces étudiants à l’issue de leur formation ?

Les étudiants peuvent bien entendu devenir guides conférenciers auprès de structures telles que des offices de tourisme ou sur des sites touristiques, des lieux de patrimoine, des villes d’art et d’histoire. Bien sûr c’est un métier souvent saisonnier, donc ces étudiants ont fréquemment un deuxième métier et reviennent parfois vers nous pour valider un Master en tourisme afin de pouvoir accéder à des postes à l’année.

Combien d’universités dispensent cette formation en France ?

Il y en a une petite dizaine sur le territoire. C’est une particularité française, car dans d’autres pays ce sont souvent des structures privées qui forment les guides. En France, il existe un label qualité national assuré par cette formation universitaire, ce qui assure aux étudiants un bagage très solide en termes de connaissances non seulement en patrimoine mais aussi en gestion de groupes, en conception de produit, en communication et marketing avec les outils modernes d’aujourd’hui.

Quelles sont les difficultés de ce métier ?

Il faut être polyvalent, savoir s’adapter à des publics très variés, que ce soient des enfants, des adultes ou des personnes âgées qui peuvent avoir des contraintes de mobilité, et savoir s’adapter bien sûr au public étranger.

Et inversement quels sont les avantages de ce métier ?

C’est un métier de cœur. Les étudiants qui s’engagent dans une formation comme celle-ci s’investissent avec passion car ce n’est pas forcément le métier le mieux rémunéré mais c’est une formation qui appelle au partage et qui permet d’apprendre tout au long de sa vie. Quand je retrouve des étudiants dans leur vie active, je découvre de jeunes adultes épanouis.

Le château de Parentignat semble être un bon terrain d’entrainement puisque c’est la deuxième année consécutive que vous y amenez vos élèves ?

C’est une magnifique salle de classe hors les murs, car il est très important pour les étudiants d’être mis en situation professionnelle. Ce qui est formidable à Parentignat c’est la richesse du patrimoine proposé et l’occasion pour les étudiants d’entraîner leur vocabulaire aussi bien en architecture, art, meubles, jardins, peintures… et puis l’accueil y est toujours formidable ! Certains de nos étudiants ont fait des stages ici et tous ont loué la qualité des conditions de travail et de l’encadrement. C’est très important que les étudiants se sentent en confiance.

Verriez-vous quelque chose à ajouter sur ce métier de guide-conférencier que vous enseignez avec passion ?

Lorsque l’on visite certains lieux, on découvre des technologies modernes qui peuvent rendre une visite ludique et intéressante, mais rien ne remplace le contact humain, l’échange et le partage des connaissances…

Thomas Fauveau / Marie Cartigny