Magies baroques


De la Renaissance à la période baroque, les magiciennes n’ont cessé de déployer leurs enchantements.

Au XVIe siècle, deux poèmes épiques à l’immense succès présentent deux figures importantes de magiciennes : Alcine, dans le Roland furieux (1532) de l’Arioste, et Armide, dans la Jérusalem délivrée (1581) du Tasse. Avec Circé, omniprésente dans les ballets de cour à partir des années 1560, les figures de magiciennes permettent de réaliser des effets scéniques spectaculaires : métamorphoses, illusions et disparitions, manifestations du merveilleux rendues possibles par le développement des machineries.

Les spectacles, commandités par les hauts princes, se jouent dans les palais et châteaux, les parcs et jardins comme sur les scènes de théâtre.

 

 

Les intrigues mettent en scène des magiciennes attirant dans leurs jardins merveilleux des chevaliers qu’elles charment par leur beauté et leurs s

ortilèges. Mais leur amour toujours renié provoque en elles une fureur destructrice qui, à la fin, ruine leurs palais et leurs jardins magiques.

Grâce à ces artifices scéniques, l’immersion dans un monde imaginaire, féerique, règne dans les cours italiennes et françaises puis sur les premières scènes musicales, où les œuvres de Francesca Caccini (La liberazione di Ruggiero dall’isola d’Alcina, 1625), Lully (Armide, 1686), Vivaldi (Orlando furioso, 1727), ou de Haendel (Alcina, 1735) et bien d’autres transpositions ou variations, ne cesseront de sublimer cette « tragédie lyrique ».

Au château de Villeneuve-Lembron, six tableaux évoquent l’histoire de la magicienne et du chevalier à travers des décors animés par des projections vidéos. Au château de Parentignat, des créations d’artistes inspirés par les thèmes du jardin et du palais enchantés donnent à voir des visions magiques et poétiques.

Exposition itinérante conçue par le Centre des monuments nationaux en partenariat avec la Ville de Bailleul