Château de Parentignat - Le boudoir

Pour les journées européennes du Patrimoine, les appartements privés vous seront exceptionnellement accessibles, guidés par le propriétaire des lieux

L’idée d’un espace privé apparaît sous le règne de Louis XIV, sous la forme d’une enfilade de pièces aux dimensions plus humaines au sein desquelles le Roi pouvait, lorsqu’il le souhaitait, se retirer de la Cour.

Parentignat possède cette enfilade si caractéristique de son modèle Versaillais, mais également d’autres petites alcôves ayant pris naissance au XVIIIème siècle, telles que le Boudoir rose, ici ouvert toute l’année à la visite.

Afin d’en comprendre toute la particularité, voici quelques notions historiques du Boudoir. Pure création du siècle des Lumières, le boudoir se situe généralement à l’extrémité des appartements de Madame la maîtresse de maison. Assurant toute la discrétion indispensable aux grandes conversations d’alcôve, la Reine Marie-Antoinette chérira cette petite pièce aux dimensions humaines, propice à l’introspection comme à l’intimité d’une conversation privée. Nous retiendrons en particulier le boudoir d’argent et le boudoir turc aménagés selon ses goûts au château de Fontainebleau. Traversant les siècles autant que les modes, cette pièce si particulière sera reprise et réadaptée à l’instar du boudoir turc par l’impératrice Joséphine lorsqu’elle s’établira au domaine. Parentignat en offre un exemple rare à la conservation intacte autant dans l’esprit que dans la forme. En effet, en 1900 lorsque Jean de Lastic opère sa série de réaménagements intérieurs, des boiseries typiquement Louis XVI lui seront choisies.

Aux coloris tendres de son environnement s’ajoutera un mobilier estampillé, pour certaines pièces comme les chaises, Georges Jacob, maître ébéniste le plus célèbre et prolifique du XVIIIème siècle français. Aux formes rocailles du style Louis XV observé précédemment dans la chambre Louis XV, le mobilier Louis XVI revient à la rigueur du classicisme, particulièrement inspiré par la découverte des vestiges antiques d’Herculanum et Pompéi. La structure des meubles est revue dans son intégralité par l’emploi de formes rectilignes et cannelures, associées au rond et à l’ovale pour les dossiers des sièges notamment. La rigueur n’empêche aucunement la douceur grâce aux couleurs chatoyantes, si féminines, qui savent rafraîchir l’ensemble. La marqueterie géométrique, très à l’honneur à cette époque l’est également avec ici, un petit secrétaire à abattant totalement en harmonie avec les rondeurs de cette pièce. Sur la cheminée, trônent les bustes en miniature de Louis XVI et Marie-Antoinette, points d’honneur de cet espace, intégralement dédié à leur règne.

Véritable bijou au cœur de ce siècle, cette petite pièce aura son appellation dès 1740 dans le  Dictionnaire notoire de l’Académie française, qui le décrit comme « petit cabinet où l’on se retire quand on veut être seul ». Le dictionnaire de Trévoux  précisera avec humour en 1752 « petit réduit, cabinet fort étroit, auprès de la chambre, ainsi nommé apparemment parce qu’on a coutume de s’y retirer pour être seul, pour bouder sans témoin, lorsque l’on est de mauvaise humeur. » Jacques Chardonne dans « Les Destinées sentimentales » en dévoilera une certaine poésie : « Le boudoir de madame Pommerel, tendu de soie bleue, doucement éclairée par des lampes recouvertes d’abat-jour roses, formait une retraite d’ombre et de silence…”

Vous êtes cordialement invités, chers visiteurs, à venir en construire votre propre idée.

Pour réserver la visite des appartements privés lors des Journées Européennes du Patrimoine, les 15 et 16 septembre prochain, cliquez ici.