Spéciale Salon ViniFrance : Le vin aux XVIIè et XVIIIè siècles

Spéciale Salon ViniFrance : Le vin aux XVIIè et XVIIIè siècles

Apparu il y’a huit mille ans au Proche-Orient, le vin incarne la civilisation. Son histoire accompagne celle des échanges culturels, des sentiers commerciaux et des progrès technologiques et sociaux. Les textes sacrés en font mention très tôt, aussi bien dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament. L’ivresse qu’il procure en fait le symbole des plaisirs terrestres ou célestes.

Dis-moi quel vin tu bois…

Au XVIIè et au XVIIIè siècle, le vin est déjà un marqueur social. Dis-moi quel vin tu bois et je te dirais qui tu es. Ainsi, les paysans sont abonnés au vin blanc acide tandis que les habitants des villes doivent se contenter d’un vin rouge grossier et souvent coupé avec de l’eau. Mais ceci ne concerne pas la noblesse qui déguste des vins fins de liqueurs de Madère ou de Chypre et les meilleurs cépages de Bourgogne.

Le vin, un remède médical ?

Avant d’être un aliment en soi, le vin est surtout considéré comme un remède à bien des maux. Les traités de médecine du Grand Siècle stipulent que chacun doit boire le vin qui correspond à son état. Réservant le vin noir aux travailleurs et les vins clairets aux estomacs délicats des élites, la médecine inscrit donc ce breuvage dans les principes d’une société de castes. Considéré comme « la source du sang », le vin présente un usage médicinal dans toutes les civilisations ayant cultivé la vigne.

Le tournant du Grand Siècle

Aux XVIIè et XVIIIè siècles, le vin de Bourgogne est considéré non seulement comme le plus agréable au gout mais aussi comme le plus salutaire d’un point de vue médical. Ainsi, Louis XIV s’en voit prescrire à foison par son médecin Fagon qui contribuera largement à la renommée de ce breuvage dans tout le royaume. A titre d’exemple, L’Hôtel Dieu de Paris passe en commande en 1741 de 46 000 litres de vins de bourgogne à des fins thérapeutiques !

 C’est surtout au XVIIè siècle que le vin connait une importante métamorphose. Auparavant élevé très sommairement, soumis à une très courte cuvaison, les cultivateurs découvrent à cette époque les bienfaits d’un élevage allongé couplé à l’apparition de la mise en bouteille qui offre alors une bien meilleure capacité de vieillissement à ce breuvage. C’est aussi au XVIIè et au XVIIIè siècles que les voies de communication connaissent un essor considérable, favorisant l’éclosion de la vigne dans toutes les régions de France qui approvisionnent la capitale.

L’Auvergne et le vin

Apporté dans la région des Puys par César et ses conquêtes, le vin d’Auvergne nous est conté par Sidoine Appollinaire, évêque de Clermont et écrivain. Mais c’est au XVIè siècle que le vignoble auvergnat acquiert ses lettres de noblesse, notamment sous l’impulsion d’Henri IV qui loue ses qualités et son caractère. De célèbres crus font leur apparition à la fin du XVIIè siècle, tel que le Chanturge, le Châteaugay ou encore le Corent. L’introduction du Gamay, venu du Lyonnais, s’accompagne certes d’une augmentation massive de la production mais au détriment de la qualité et les anciens cépages se réduisent comme peau de chagrin. L’essor des voies navigables au XVIIè et au XVIIIè siècles contribueront largement à l’expansion du vignoble Auvergnat qui ravitaille Paris via l’Allier, la Loire, le Canal de Briare puis la Seine. Vers 1750, la surface de vignes en Auvergne couvrait jusqu’à 17 600 hectares, soit 22 fois plus qu’aujourd’hui.

Parentignat et le vin

Lorsque le Phylloxéra fait son apparition dans les années 1870, le vignoble auvergnat est curieusement épargné et la région bénéficiera même d’une croissance des ventes et d’une frénésie des plantations. Mais cela ne dure qu’un temps puisqu’en 1895 la quasi-totalité des vignes est touchée par la maladie. La production est divisée par 100 entre l’apparition du phylloxéra et la première guerre mondiale qui porte un coup fatal au vignoble Auvergnat. Le château de Parentignat, dont la prospérité repose alors largement sur la possession du domaine de Saporta, situé dans le Languedoc et considéré comme le plus ancien vignoble français, sera durement touché par le phylloxéra.

Thomas Fauveau

Les 11, 12 et 13 octobre prochains, Parentignat accueillera, pour la vingtième année consécutive, la première étape de la saison des Salons ViniFrance.

Trois jours durant, 50 vignerons et producteurs de terroir installés dans la cour d’honneur du château proposent aux fins palais de marier bon vin et bonne chère. Un rassemblement qui, à chaque édition, attire de plus en plus nombreux les amateurs de grands vins et de produits de bouche de qualité. Plus d’informations en cliquant ici.